05 novembre 2008
Le train... Péripéties et anecdotes
J'ai retrouvé par hasard un article que j'avais écrit cet été durant l'un de mes multiples voyages Bordeaux-Lyon, et vu que j'ai encore fait ce trajet il y a une peu moins d'une semaine, cet article me semble encore d'actualité...
Tout le monde le sait, lyon est une ville très très mal desservie, surtout depuis Bordeaux. Voilà maintenant plus d'un an que je suis contrainte de me taper environ 9 heures de train presque tous les mois. Inutile de préciser que le train, je connais en long, en large et en travers...
Pas mal d'inconvénients dans les train, n'est-ce pas ?
D'abord, il y a les gens. Non, je ne suis pas profondément associable, mais il y a des limites (et de toute façon, je pense qu'on est tous un peu associable dans l'âme...). Se retrouver pendant 9 heures dans le même compartiment (oui, au début, je prenais encore les vieux trains pourris à compartiments...) que des gosses insupportables qui courent partout, crient dans tous les sens, te grimpent dessus etc., c'est franchement pas coul. Et puis leur maman te regarde avec un sourire d'excuse, et tu lui réponds un petit "c'est pas grave", alors que ta seule envie en ce moment précis est de bailloner ses mioches et de les balancer par la fenêtre...
Et puis il y a aussi les gens qui s'étalent... Dans un TGV Paris-Bordeaux, je me retrouve en face d'un type avec des lunettes de soleil qui allonge ses jambes jusque sous mon siège. Embêtée, mais n'osant pas trop ouvrir ma gueule, je lui fais du genou pour qu'il comprenne qu'il devrait se pousser et, discrètement, je lève le nez de mon magazine pour observer sa réaction. Le visage tourné vers moi, il reste stoïque. Soit il dort (oui, ses lunettes m'empêchent totalement de voir si ses yeux sont ouverts ou fermés), soit il fait semblant parce que je le fais chier à vouloir récupérer mon espace vital, soit il a cru que mon coup de genou était une technique de drague archi-naze et il me regarde en me prenant pour une imbécile finie. Bref, je suis restée dans une position des plus inconfortables pendant la majeure partie du trajet...
Enfin, il y a les gens qui se croient obligés de taper la causette. Le plus souvent je souris et réponds poliment (par monosyllabe la plupart du temps, histoire que la conversation ne s'éternise pas trop...). Mais au bout de la neuvième heure de trajet, quand l'impatience et la lassitude commencent à me taper sur les nerfs, c'est autre chose. TGV Bordeaux-Dax, dernière heure de trajet après le long périple Lyon-Bordeaux. Une heure, ça me semble dérisoire, et je m'installe à ma place sans prendre la peine d'enlever ma veste et de sortir un bouquin ou mon mp3. J'attends que ça passe. Un jeune homme s'asseoit à côté de moi et me sourit. Je le regarde à peine. Il essaie d'entamer la conversation sur un truc banal : "Ouh, il fait froid ici, non ? Y a la clim là ?"
Ce garçon est jeune-charmant-sympa, mais je me contente d'un dédaigneux haussement d'épaules. Il n'insiste pas, et pour le décourager tout à fait je me troune vers la fenêtre, prends mon air hautain et nonchalant et fixe le paysage avec acharnement.
Et puis il y a les toilettes, autre inconvénient majeur. Je déteste aller aux toilettes dans un train, mais me retenir pendant neuf heures, c'est pas vraiment possible, alors je n'ai pas le choix, j'y vais malgré les mauvaises odeurs, le manque d'hygiène, le manque de papier Q, et les putains de portes à la con... Oui, parce que les portes des WC des corails intercités, c'est vraiment n'importe quoi. C'est une porte automatique avec un bouton pour ouvrir, un pour fermer, et un autre pour verrouiller. sauf qu'il faut appuyer loooooongtemps sur le bouton pour que la porte se ferme, et ça je le savais pas ! Me voilà en train se galérer, d'appuyer avec acharnement sur ce bouton, la porte se ferme à moitié, souvre, se referme, s'ouvre... Les gens me regardent avec un air idiot genre "Oh mais quelle cruche, elle sait même pas fermer un porteuuuh !". Et je me sens complètement ridicule...
Enfin, il y a les galères... Enfin, LA grosse galère, une galère intersidérale, LA fois où j'ai cru que les destins s'acharnaient contre moi pour m'empêcher de rentrer dans les Landes.
J'avais pris mon billet quelques semaines à l'avance, en jeune fille prévoyante que je suis, mais... Bam ! Mon éternelle poisse me colle une grève de la SNCF juste ce jour là ! Bien, je reste calme.
Direction la gare, pour changer mon billet. Le train que je prends habituellement n'est pas prévu non plus pour le lendemain, à cause de la grève prolongée. On me propose le TGV qui passe par Paris. Ouais, ok, mais...
Passer par Paris = Changement de gare = galère et foule du métro parisien =une Tételle dix fois plus névrosée que d'habitude.
Enfin bon, a la guerre comme à la guerre. Après trois mois passés loin des Landes, j'ai quand même vraiment hâte d'y retourner. Tant pis pour la névrose, j'accepte ce billet.
Le lendemain, 17h. Après une journée d'angoisse à l'idée de me retrouver livrée à moi-même dans le métro de Paris avec 45 minutes top chrono pour effectuer le changement de gare, me voilà sur le quai avec Chrisophe. On attend l'arrivée du train, mais... On annonce soudain que le TGV aura dix minutes de retard.
Première pensée : Haaan, merde, plus que 35 minutes pour faire le changement !
Et mon chéri qui me dit qu'il s'en va parce qu'il aime pas attendre comme ça en sachant que je vais partir. Me voilà donc tristounette, en plus d'être angoissée. Youpi.
Je reste donc seule sur le quai (enfin, seule avec une centaine d'autres passagers qui attendant comme moi et qui commencent à s'impatienter...). Et j'attends ce train qui ne vient pas. Et là...
Diim Dam Diiim Dam ! (C'est la p'tite musique des annonces de la sncf, pour ceux qui auraient pas compris^^). "Le TGV n° bidule machin, à destination de Paris Gare De Lyon, est annoncé avec un retard de 30 minutes. Veuillez nous excusez pour la gêne occasionnée."
Aaah naaaaan, meeeerde! Tu peux te les garder tes excuses, grognasse ! 15 minutes pour le changement de gare, c'est complètement impossible. Exaspérée et sans trop d'espoir, je me dirige vers un contrôleur pour lui exposer mon problème et savoir s'il y a quelque possibilité de prendre un autre train.
Moi : Euhh bonjour, excusez-moi, je suis censée prendre le TGV pour Paris, mais j'ai un changement de gare à faire, et avec le retard je n'ai plus que quinze minutes, je pourrais jamais arriver à temps. Comment je fais ?
Lui, qui me regarde de haut : Ben vous allez le rater !!
Ouais ok, si c'est tout ce que t'as trouvé à me dire, abruti, ça m'avance vachement...
Moi : D'accord ouais...
Je tourne les talons, me fraye un chemin dans le foule jusqu'à la sortie.
2ème faux départ. Je rentre chez moi, énervée, dépitée, à deux doigts de retourner à la gare et de massacrer tout le monde.
J'y retourne finalement, mais une fois calmée et détendue, pour changer mon billet une deuxième fois. On me donne un nouveau billet Lyon-Paris-Bordeaux, et la dame me lance, sarcastique :
"1h10 pour faire le changement... Vous croyez que vous allez y arriver ?"
-_- C'est pas trop le moment de faire de l'humour, hein...!
Le lendemain, le train est arrivé à l'heure. Le changement de gare s'est relativement bien passé, malgré le manque d'escalators dans les couloirs du métro, la lourdeur excessive de mes bagages, et les gens qui me poussent dans tous les sens... Je suis arrivée à Montparnasse à l'heure, et je me suis retrouvée dans le TGV en direction de Bordeaux, face au type aux lunettes de soleil et aux longues pattes...
J'adore voyager ^^

